Multiplication des plantes : bouturage, division…

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Que l’on souhaite multiplier des plantes de jardin ou des plantes d’intérieur, on dispose de certaines techniques de multiplication végétative : bouturage, marcottage, greffage et division. Les plantes se reproduisent naturellement en produisant pistil et pollen avec l’aide parfois de pollinisateurs (insectes, mammifères…). La multiplication végétative est une technique qui permet de reproduire des plantes via un mode asexué.

La multiplication végétative via le bouturage, le marcottage, le greffage ou la division sont des techniques horticoles qui deviennent possible puisque le végétal est le seul organisme vivant à être doté de totipotence cellulaire soit la capacité de pouvoir utiliser une partie de la plante mère (racine, tige ou feuille) pour créer, à l’identique, une autre plante.

Ces techniques ont l’avantage de générer rapidement des clones sans utiliser de graines mais aussi de conserver toutes les caractéristiques morpho-anatomiques de la plante mère (pas de changement d’ordre phénotypique). A noter qu’il arrive parfois que certaines mutations se produisent et donnent de superbes plantes comme par exemple un feuillage qui devient panaché alors qu’il était uni à la base (c’est le cas de la superbe Agapanthe panachée)

Le bouturage: méthode de multiplication végétative la plus courante qui s’applique à la majorité des végétaux. On peut bouturer une tige, un œil ou un rameau feuillé par exemple. Il est essentiel de bien respecter les trois conditions environnementales incontournables que sont la lumière, la température et l’hygrométrie.

* Favorisez la lumière indirecte, évitez une élévation de la température en la maintenant entre 17 et 22°C.

* Conservez une hygrométrie suffisante évite le dessèchement de la bouture : culture sous châssis, serre, film plastifié ou toile tissée.

* Débarrassez votre bouture d’une partie de ses feuilles, de tous ses boutons et/ou des fleurs (ces deux derniers organes sont très consommateurs d’énergie et dans une bouture : on favorise les racines !).

Selon la nature du plant mère (la plante où vous prélevez votre bouture), les méthodes de bouturage varient. Opérer en mai ou juin pour un bois tendre tel que Millepertuis ou Anthémis. S’il s’agit de tiges de Géranium ou Romarin à l’extrémité encore tendre en juillet, effectuer un bouturages emi-aoûté (semi-ligneuse). Pour un bois sec en automne, comme c’est le cas des Santoline, Lavande ou Fuchsia, attendre l’été pour réaliser une bouture aoûtée (ligneuse). Toujours utiliser un plant mère et un substrat sain puis prélevez tiges, feuilles ou racines avec des outils désinfectés. Il est parfois possible de tremper la bouture dans des hormones de croissances type auxine (poudre blanche que l’on trouve dans les commerces).

La bouture de feuille s’effectue sur les plantes acaules c’est à dire sans tige, comme de nombreuses plantes vertes, crassulacées et cactées (Aporocactus, Sansevieria). Plusieurs méthodes sont possibles : enfouir l’extrémité de la tige en laissant la feuille dépasser, cisailler la nervure puis placer la feuille complète en sol ou diviser une feuille puis en planter une partie en substrat.

Pour réussir une bouture de racine, attendre que la plante soit en repos végétatif.

Le marcottage : permet de générer une marcotte c’est-à-dire des plantes toujours attachées au pied mère en recréant comme un univers souterrain via des ‘poches de substrat’ où se formeront des racines puis un appareil aérien. Il s’effectue majoritairement sur les arbres et arbustes, et certaines plantes peu enclines à être reproduites par bouturage. Il existe différents types de marcottage en fonction des espèces :

  1. Le marcottage par couchage de branche : parfait pour le noisetier ou encore l’Azalée ou le Rhododendron. En mars, tracer un sillon d’une profondeur de vingt centimètres et y placer un rameau flexible. Crocheter la partie enfouie sous terre pour la fixer puis combler le sillon de terreau à garder humide jusqu’à l’apparition de racines. Repiquer la marcotte en place l’hiver suivant. Le marcottage par couchage du Rhododendron se fait en juin pour un rameau souple, en septembre pour un rameau dur, toujours sur terre de bruyère pour cet arbuste.
  2. Le marcottage par buttage (marcottage en cépée) appauvrit le pied mère et se pratique sur une plante vigoureuse et adulte à rabattre court en hiver (recépage) afin d’obtenir une ramification en touffe. Recouvrir en avril de terreau-sable-tourbe, effectuer des buttages dès l’apparition de pousses neuves. Maintenir une bonne humidité. En novembre, sevrer les rameaux en découvrant délicatement la butte.
  3. Le marcottage aérien par incision ou annulaire est une technique fastidieuse et incertaine puisque l’on recrée l’univers souterrain au sein même de la branche. Au début du printemps, cercler (inciser) uniquement l’écorce d’une branche en bonne puis ôter l’anneau d’écorce pour maximiser la surface en contact avec le substrat. Tremper le substrat à placer autour de l’anneau dépourvu d’écorce, enrichir en hormones, recouvrir d’un film plastique puis arroser régulièrement. Après développement de racines, supprimer le film plastique, planter le nouveau pied dans un pot de terreau.

Le greffage : technique qui consiste en l’implantation d’un fragment de plante (le greffon) sur un autre végétal alors dit le porte greffe. Le greffage est une technique qui demande de la persévérance et de la patience mais tous les jardiniers curieux peuvent tenter cette expérience. Les greffes sont couramment utilisées pour la vigne, les arbres fruitiers, les rosiers et autres arbustes à port pleureurs. Pourquoi greffer ?

* Permettre à un greffon de prospérer et de gagner en vigueur via un porte-greffe – dans un sol pourtant mal adapté au greffon (un poirier greffé sur cognassier supportera parfaitement une terre calcaire et produira des récoltes abondantes)

* Résistance aux maladies (exemple Historique de la vigne et du phylloxera)

* Obtention rapide de port de plante particulier (tiges, pleureur)

C’est donc grâce aux caractères propres du porte greffe que le greffon acquiert des qualités qu’il n’avait pas initialement. De nombreuses techniques de greffes existent en fonction des deux partenaires et de l’époque de la manipulation (greffe en couronne, greffe en fente, greffe en écusson, greffe à l’anglaise, en incrustation, en placage…)

La Division: est la séparation des rejets de la plante mère. C’est une technique de multiplication végétative naturelle au sens propre puisque la plante mère forme naturellement et sans aucune intervention humaine des rejets qu’il suffit ensuite de séparer et de replanter. Efficace et peu onéreuse, cette technique est très simple. Elle permet à la fois de limiter l’expansion de certaines plantes vivaces tout en multipliant son stock initial et en rajeunissant la plante mère. Généralement, les divisons se font à l’automne après les floraisons. Ainsi, on notera l’exemple des fraisiers et de leurs du stolon, des graminées, des rejets de la prêle japonaise, des bulbilles de l’ail d’ornement ou encore des rhizomes de l’iris.

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